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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 11:03
François Bazin, chef du service politique du Nouvel Obs, vient d'écrire un remarquable ouvrage sur Jacques Pilhan, l'homme du grand écart Mitterrand-Chirac.

From : Alain Chouffan <achouffan@nouvelobs.com>

To : David Genzel <david.Genzel@gmail.com>

Date : 2009/10/1

Subject : pilhan jacques (livre bazin)

 

Mon cher David

 

Il est fou ce François Bazin ! Comment a-t-il pu écrire 420 pages sur un inconnu du grand public ! Ou a-t-il trouvé toutes ces anecdotes, ces révélations, et les confidences de celui qui fut le conseiller de l’ombre le plus puissant de la Ve République ? Et nous, pauvres lecteurs, ou allons-nous trouvé le temps de lire cet énorme pavé ! Et pourtant, il faut lire ce livre passionnant. Toute la Ve République y défile on ne peut rater ça. Comme on ne peut manquer l’histoire de cet homme incroyable, « sorcier » pour Bazin, « enchanteur » pour Alain Minc, et gourou pour les médias. Dans Le sorcier de l’Elysée (1), Bazin raconte l’incroyable histoire de Jacques Pilhan, décédé en 1998, qui a servi successivement deux présidents qui, durant un quart de siècle, n’avaient cessé de s’affronter, François Mitterrand et Jacques Chirac. Traître ? Mercenaire ? Stratège ? Tout cela à la fois. François Bazin nous fait revivre ces moments historiques. Car Pilhan a révolutionné la communication politique, en donnant une place primordiale au message subliminal. En codifiant la parole publique, François Bazin raconte en détail – et quels détails ! – les méthodes et les ficelles de ce « flibustier » de la politique. En conseillant Chirac et Mitterrand, Jacques Pilhan a gagné trois présidentielles : celles de 1981, de 1988 et de 1995. Cet enfant de Guy Debord et de Jacques Séguéla, inventeur à la fois de la « force tranquille » et de la « fracture sociale » se voulait stratège. Par goût du luxe, il n’imaginait pas que son agence, Temps public, puisse ne pas avoir l’Elysée comme principal client, quitte à travailler, en même temps, pour tous les grands de la politique, de Michel Rocard à Bernard Arnault en passant par Nicolas Sarkozy ou François Pinaultr » de la politique, la nature de ses rapports avec le monde politique. Son génie a été d’influencer simultanément les contraires, Mitterrand et Rocard, Jospin et Tapie, de prendre en charge Jacques Chirac sans rendre compte à Mitterrand et sans scrupules à l’égard de son ami d’antan, Lionel Jospin.

 


C’est Jacques Pilhan qui inaugure l’idée du plan média, aujourd’hui devenue banale : au lieu de répondre aux sollicitations des journalistes, c’est l’homme politique qui choisit le média dans lequel il veut s’exprimer « selon l’effet qu’il veut obtenir » disait Pilhan, afin « d’imposait son choix, son rythme, son écriture médiatique ». D’autre part, Pilhan cible toutes les interventions sur la télévision au détriment des autres médias. « Le réel est dans l’écran de télévision » disait-il. Il règle les moindres détails des interventions télévisées et apprend aux hommes politiques à apprivoiser la caméra. « Pilhan a toujours encouragé Mitterrand à négliger l’écrit, témoigne Jean Marc Lech, ancien M. Sondages de Pilhan. Et il a eu raison. ». En 1995, Pilhan sait que Mitterrand ne se représentera pas et Jacques Chirac lui propose de piloter la communication de sa campagne présidentielle. Il n’a eu que quarante secondes d’hésitation. Il rejoint donc l’équipe de Chirac et l’aide à conquérir l’Elysée. Les caciques socialistes crient à la trahison, les chiraquiens du premier cercle parlent d’une « faute morale ». Et voilà comment Pilhan reprend du service à l’Elysée pour le compte de celui contre qui il a échafaudé tant de stratégies. Incroyable !

 

« Que restera-t-il de Jacques Pilhan ? » se demande aujourd’hui François Bazin. En effet, au cours des dix années qui ont suivi sa mort, son nom et, plus généralement, le souvenir de son action à l’ombre de deux présidents ont été entourés d’un halo de mystère. Le sorcier de l’Elysée aimait le secret. Il estimait que c’était la condition de l’exercice de son art. Il s’est médiatisé qu’à regret. Son souci était davantage de brouiller les pistes que d’éclairer un souvenir qu’il jugeait sans objet. Jacques Pilhan se croyait unique. De fait, il l’était. Il est parti comme il était arrivé. En silence. La suite ne le concernait pas. Il a laissé à d’autres le soin de le juger, avec cette ponte de pessimisme des hommes qui ne vivent que dans l’action et se désintéressent des parties auxquelles ils ne sont plus conviés. « Agir en primitif et prévoir en stratège » disait-il parfois, citant rené Char. Sa morale était celle de la vie. Son plaisir était celui de la bataille. Son ambition était d’en comprendre les règles et d’en fixer les modalités pour qu’au final la victoire soit au rendez-vous. « Ce n’est pas ainsi que l’on fonde une école » estime François Bazin. Et il a raison. Car le seul texte à prétention théorique que Jacques Pilhan ait laissé, avant de tirer sa révérence, est une longue interview accordée au Débat (2), à l’automne 1995, à une époque où, au-delà des apparences, il cherchait moins à expliquer la réalité de son métier qu’à justifier le nouveau cours de sa carrière. Jacques Pilhan aimait le bref et le juste. Son talent était celui de la fulgurance. Bien plus que le théoricien du silence, il était le stratège du désir. Pilhan est un peu responsable du procès qui lui est fait de manière récurrente. Comme tous les communicants - un mot qu’il détestait pour sa laideur - il a été accusé d’être un gourou – un mot qu’il détestait pour sa vulgarité. Comme tous les précurseurs, on lui a reproché de mélanger les genres, sans voir que telles étaient précisément l’essence et l’originalité de sa méthode. Réponse donc de François Bazin à sa question sur ce qu’il reste de ce formidable joueur de poker que fut aussi Jacques Pilhan : « Si le nom de Jacques Pilhan n’a pas disparu des radars de la politique, s’il réapparaît régulièrement, au détour d’une campagne ou à l’occasion d’une de ces émissions télé qui scandent l’activité de tout président de la République, c’est qu’il reste associé à des figures de style qui ne le résument pas - loin s’en faut ! - mais qui sont comme la déclinaison d’une marque qui n’était pas destinée à durer plus longtemps que son fondateur ». Après Pilhan, rien ? Alain Minc qui l’a bien connu avance cette hypothèse. « Si le destin avait été plus indulgent avec Jacques Pilhan, il lui aurait donné l’occasion de vivre et donc de s’immiscer dans le premier cercle sarkhoziste. Quelle aurait été l’alchimie entre les deux hommes ? Pilhan aurait-il respecté les mêmes principes avec un acteur aussi différent ? Se serait-il « campbellisé » ? Ou Sarkozy se serait-il « pilhanisé » ? Bonne question ! Personnage génial des années 1980, Pilhan a-t-il défini une méthode aussi valable à l’âge de l’Internet qu’à l’époque de l’ouverture de la télévision à la concurrence ? La transcription en action de la pensée de Debord vaut-elle lorsque les électeurs préfèrent Twitter au journal de 20 heures ? Réponse d’Alain Minc : « Impressionné comme je l’ai été par l’intelligence supérieure de Pilhan, je suis convaincu qu’il aurait su changer de logiciel aussi facilement que de marionnettes. » Je vous l’avais dit : Bazin est fou ! Non seulement il nous tue – pour notre bien ! – à lire son excellent livre mais en plus il nous laisse sur notre faim à savoir si l’œuvre de Jacques Pilhan vivra ou non après lui !

Alain Chouffan

 

(1) Le sorcier de l’Elysée. L’histoire secrète de Jacques Pilhan. (Edition Plon)

 

(2) « En tant qu’homme public si je parle souvent, je me confonds avec le bruit médiatique, expliquait Pilhan dans la revue Le Débat, en 1995. La fréquence rapide de mes interventions diminue considérablement l’intensité du désir de m’entendre et l’attention avec laquelle on m’écoute. Si, en revanche, je me tais pendant un moment, le désir de m’entendre (…) va s’aiguiser. »

 

De : Christine Boutin <chri78@wanadoo.fr>

À : David Genzel <david.genzel@gmail.com>

Date : 1 octobre 2009 19:53

Objet : RE: Pilhan Jacques (livre Bazin)

 

MAGNIFIQUE la presentation d'Alain Chouffan du livre de Bazin.

Cela donne envie de le lire...

Merci

CB

 

Emmanuelle Seigner continue sa pub pour Uniqlo, mais repousse la sortie de son album. L'un des titres était un duo entre elle et son mari, intitulé Qui êtes vous ?


"Qui êtes-vous Monsieur, Que faites-vous dans mon lit"


Roman Polanski lui répond :

"Je suis l'amour en personne"

 


Le site de Mathieu Morgenzstern : www.webmii.com est sublime, forcément sublime. Tapez votre nom et vous trouverez votre People Rank ! J'ai 5,9/10. Et vous ?

 

From: Jean-Michel Frodon <jmfrodon@gmail.com>

To: David Genzel <david.genzel@gmail.com>

Date: 2009/10/1

 

bonjour

pour info:

http://blog.slate.fr/cinema

amitiés

jmf

 

Hier soir, nous avons découvert le plus petit restaurant de l'arrondissement, Chez Mai, rue Galande.

 


De : Librairie Mazarine <librairie@lamazarine.com>

À : David Genzel <david.genzel@gmail.com>

Date : 1 octobre 2009 13:44

Objet : Christian Jaccard : livres d'artiste, leporelli et ignigraphies


 

Il faut lire l'edito de Raphaël Turcat de Technikart d'octobre sur Benjamin Biolay pour bien comprendre la crise de la presse magazine... et le succès d'Internet.

 


 




David & Céline vont dans le même bateau

 

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