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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 09:08
(c) Photo Denis Rouvre

De : Alain Chouffan <achouffan@wanadoo.fr>

À : David Genzel <david.genzel@gmail.com>
Date : 3 mai 2009 13:11


Mon cher David,

 

Formidable Carla ! On croyait tout savoir sur elle mais on découvre dans le livre (1) de son assistant, Franck Demules une Carla d'une générosité exceptionnelle. Ce qu'elle a fait pour lui, avec sa sœur Valeria, est magnifique de dévouement et rien que pour ça il faut vite acheter ce livre qui sera en librairie mercredi. Mais aussi pour le parcours incroyable de cet homme de 43 ans qui a survécu avant de vivre.

 

Son livre, on le lit d'une traite. On ne le lâche plus. On en sort bouleversé. Avec une seule envie : connaître l'auteur. Rien que pour l'aider, pour lui donner l'accolade, pour lui poser des questions, pour le féliciter enfin, de s'en être sorti. Sorti de quoi ? De cette vie de galère qu'il a menée depuis l'âge de neuf ans. D'ailleurs le livre s'intitule Un petit tour en enfer. « Petit tour » ! Un tour infernal, oui ! Croyez-moi : cette autobiographie tranchante comme une lame de rasoir, une fois lue, l'auteur ne manquera pas de devenir célèbre.

 

Sa vie ? Cabossée à couper le souffle ! Son enfance ? Volée, abîmée, détruite. Reprenons depuis le début. Franck est né le 17 juillet 1966, à Oyonnax, une petite ville de montagne, à la limite du Jura, dans l'Ain, à une demi-heure de Genève, pas loin de Saint-Claude, là où on fait des pipes de bruyère. Prématurément. Son père a 19 ans, sa mère, 18. Un père, ferronnier d'art, et une mère qui nourrit l'espoir d'une autre vie. Laquelle ? Vivre avec de jeunes militants d'extrême gauche parisiens. Avec Franck dans les bras, elle rejoint une amie à Paris, trouve un boulot et fait de la politique. C'est à la fin de l'été 1968, tout juste après les événements. Les parents divorcent. La mère réalise son rêve. Elle vit dans un appartement de 150 m2, à Belleville, en communauté avec des maoïstes et des militants de la gauche prolétarienne. Franck a sa chambre, et sa mère en partage une avec son nouvel ami. Les années d'euphorie passent, et le petit Franck connaît sur le bout des doigts tous les noms des leaders de Mai 68. Puis la mère tombe amoureuse d'un Algérien qui l'entraîne à Lyon où, jaloux, il martyrise la mère et son fils. Le calvaire durera cinq ans. Retour à Paris ou la mère retrouve ses amis gauchistes et notamment quelques journalistes de Libération, Pierre Blanchet et sa femme ou Pierre Goldman. C'est l'un d'eux, Christian Hennion qui se montre particulièrement « gentil » avec le petit Franck qui vient d'avoir dix ans. Ce Christian en question le couvre de cadeaux, lui raconte des histoires et se montre attachant. « J'étais en manque de père se souvient Franck. J'avais un besoin immense qu'on s'occupe de moi. Il m'avait dit qu'il serait à la fois mon père et mon meilleur copain ». Le menteur ! Christian Hennion, en fait, était un pédophile notoire. Fin stratège, il réussit à s'incruster entre Franck et sa mère qui n'a rien vu venir. Il dîne et dors à la maison dans la chambre de Franck. Et les ennuis commencent. Christian se montre entreprenant. « Ça s'est passé simplement. Je dors, il commence à me caresser. Je me réveille. Chut, laisse-moi faire, je vais te faire un câlin. Sa main sous les draps, Christian commence à me masturber. Cet enfoiré, il me branle en me suçant. Avec ma petite bistouquette, il arrive à me faire jouir. Le souvenir est assez précis parce que j'ai eu mal. A dix ans, on n'a pas de sperme, c'est douloureux. Il y a la jouissance, mais au moment de l'éjaculation, contraction, rien ne sort. J'ai joui. C'est notre secret, me dit-il. Je t'offrirai un cadeau. En échange, je me prête au jeu. Il me demande de lui tenir les couilles pendant qu'il se branle. Ce sera notre futur rituel. » Un rituel qui va durer sept ans. Car entre temps, Christian réussit à devenir le tuteur de Franck. Une belle couverture !

 

A 18 ans, Franck trouve la force de fuir. Et découvre que ces années d'enfer n'ont guère altéré ses vraies tendances sexuelles : il aime les femmes. Il passe de son pédophile à une relation avec une femme un peu plus âgée que lui : Isabelle Hô. Actrice - elle donne la réplique à Isabelle Adjani dans le film Mortelle Randonnée - bouleversée par la vie de Franck, elle tombe amoureuse de lui.

 

 

Tous les deux se mettent à fréquenter des comédiens, et c'est ainsi qu'il font la connaissance de la famille Bruni-Tedeschi qui occupait un duplex d'environ 300 m2, un étage pour les parents et un étage pour les enfants, Virginio, Valeria et Carla. Franck prend des cours au théâtre des Amandiers avec Patrice Chéreau. Le couple se marie. Une fille Pandora, naît de cette union. La fin de l'enfer pour Franck qui aime Isabelle d'un amour fou ? Pas du tout. Isabelle a le sida. Franck passe ses nuits à l'hôpital. Le jour, il garde Pandora. Il ne s'en sort pas. Il galère. Un calvaire qui durera jusqu'à la mort d'Isabelle en 1991. A 25 ans, Franck est une épave. Il n'a pas de métier, ne sait pas quoi faire, sa fille est chez sa belle-mère, et lui, dans la rue. Il se réfugie un temps chez Agnès Soral, une copine d'Isabelle. Il est au bord du suicide mais ce qui le retient c'est la pensée de faire « souffrir Pandora, de m'éloigner d'elle ». Pour oublier, il se drogue pour se désangoisser. Beau gosse, les femmes tombent comme des mouches. Il rencontre Mathilde qui a la même faiblesse que lui. Ils sniffent à deux. La fragilité de l'un s'agrège à celle de l'autre. Pour avoir un peu d'argent, Franck plonge dans une sombre affaire de trafic de voitures qui lui vaudra quelques jours de prison. A sa sortie, il retourne dans la rue. Il s'en souvient encore : « Un jour à Etienne Marcel, Laurence, l'ex de Cyril Collard - la vraie héroïne du livre Les nuits fauves - tombe sur moi hagard, me prend par le bras, m'emmène chez Killy Watch, me paie un nouveau jean et un pull, m'invite à déjeuner, me glisse un billet dans la poche, m'embrasse : fais attention à toi me dit-elle avant de me quitter ». Abandonné, sans but, sans espoir, sans argent, il demande secours à un ami qui lui recommande de téléphoner à un certain François Regnault, chez qui lui-même avait été hébergé. Dramaturge, ancien disciple de Lacan, ami de Chéreau, écrivain, cet homme de 58 ans lui témoigne de l'affection et lui accorde une confiance entière. Il l'héberge dans une belle chambre qui donne sur le parc Montsouris. « Le soir nous avons un grand plaisir à nous retrouver. Je regarde la télé et j'attends François. François se met en caleçon, et nous nous allongeons l'un contre l'autre. Grâce à lui, je peux enfin souffler. Cette petite soupape me réchauffe le cœur. Je me laisse vivre comme ça. A aucun moment, je n'ai l'impression de reproduire ce que j'ai déjà vécu. Quand François me prend dans ses bras, et m'embrasse affectueusement, ça ne me dérange pas. »

 

Nouvelle séparation. Cette fois, c'est Valeria qui va l'aider. Elle en parle à sa sœur Carla qui fait savoir à Franck que sa copine Karen Mulder cherche quelqu'un de discret et de confiance pour repeindre son appartement, dans le XVIe. Franck accepte même s'il n'y connaît rien en peinture.

 

Plus tard, la comédienne lui conseillera de prendre un psy mais il refusera. En attendant, la sœur de Carla l'invite en vacances au Cap-Nègre ou se trouve réunie toute la famille Bruni-Tedeschi. Souvenirs de Franck : « Il y a là Marisa, la mère, qui n'a jamais manqué de prendre des nouvelles d'Isabelle pendant sa maladie. Carla fait un passage éclair. Je connais moins bien Virginio, un garçon réservé. A la mort du père, il est devenu l'homme de la famille. Il m'accueille avec beaucoup de gentillesse ». Franck ne se drogue plus. Valeria l'aide plus que jamais à tenir bon. Il habitera chez elle, dans l'appartement qu'elle occupe près des Invalides, où elle vit seule. « J'avais la chambre du fond dit-il. Quand Pandora vient, je dors au salon. Quand « Valé » me le demande, je lui donne des coups de main, je la conduis à un rendez-vous ou à l'aéroport, je fais les courses pour la maison, des petits travaux de bricolage. Du dépannage. Elle écrit alors son premier long-métrage, il est plus facile pour un chameau... » Et puis, un jour, Valeria lui annonce que l'assistant de Carla vient de la quitter. Elle propose ce job à Franck. Pour un mois. Et bien sûr, Franck accepte : « Valeria rassure sa sœur : il est clean lui dira-t-elle. Tu peux y aller. Les réputations sont tenaces. Carla sent ma bonne volonté. Elle connaît mon parcours. Du moment que j'assure, elle ne me juge pas ». Franck commence par un travail très light : chauffeur. Ce sont ses dernières années de mannequinât de Carla. « Le temps du transport est pour elle un temps de travail. Elle téléphone. Le chauffeur assiste à ses conversations : il doit être du « staff » écrit Franck. Très vite, il entre dans l'environnement immédiat de Carla. Il connaîtra ses amies, et ses relations, des acteurs, des metteurs en scène, des musiciens. Franck est heureux. Ses journées de travail sont courtes : 11 heures-16 heures 30. Il n'est pas encore son assistant. Il se contente de l'accompagner. Le mois passe sans aucun problème. Convaincue de son travail, Carla le garde. Franck explose de joie : « Je m'adapte, je prends des initiatives. J'ai une nouvelle chance de départ, la possibilité de m'en sortir. Ça fait peur. J'ai un salaire, la vie devant moi. » Quand Carla emménagera boulevard Saint-Germain, son travail s'intensifie. Et il devient l'homme de confiance de Carla. Il n'attend plus en bas. Il monte chez elle. Petit à petit, il apprend son nouveau métier d'assistant. Il l'aide dans diverses tâches : rangements, tris d'affaires, prises de messages, des courses persos, cigarettes, produits de beauté, cadeaux qu'elle doit faire... C'est l'époque où Carla rencontre Raphaël Enthoven. « J'ai toujours apprécié ce garçon écrit Franck. Voir ce jeune philosophe de gauche prendre le temps de discuter avec moi, me raconter l'étymologie d'un mot ou me donner goût à sa passion pour les grands auteurs, tout en s'intéressant à nous, petit personnel, me fait l'effet qu'on est copains. »

 

Franck se fait à sa nouvelle vie. Il renonce à tout espoir de devenir acteur. Il se consacre entièrement à servir Carla qui déborde d'énergie pour la préparation de son premier disque. Il suit la mouvance. Et commence même à envisager l'avenir. Il s'apprête à louer un appartement avec la caution de Valeria. Il trouve un trois-pièces, rue du Faubourg du Temple. Encore aujourd'hui, sur la boîte aux lettres, il y a une étiquette « Bruni-Demules ». Franck récupère Pandora qui a 13 ans. Au fil des années, Carla lui fera confiance. Puis arrive l'inattendu : le mariage de Carla avec Nicolas, en février 2008. Il faut tout réorganiser. « Je la vois moins affirme Franck. Et je ne la conduis plus. Une première Dame bénéficie d'une sécurité personnelle. J'ai des instructions pour la journée, à moi de gérer. Coincé « à la maison », je m'ennuie. Je passe la majeure partie de mon temps avec la cuisinière et la femme de ménage. Heureusement qu'elles sont là. Elles me couvent. Passé d'assistant à intendant, j'expédie la journée en quelques heures. Livré à moi-même, et n'ayant plus à me servir de la voiture, je commence l'apéro de plus en plus tôt. A seize heures, j'ai déjà bu quelques bières ». Franck rechute. Il ne se sent pas bien. Il juge sa vie sans intérêt. Il boit de plus en plus. Et devient alcoolique. Un jour, complètement à bout, il appelle Carla : « Je ne suis plus à la hauteur. Je démissionne ». Pas question, lui répond-elle. Grâce aux recommandations de Marianne Faithfull auprès du docteur Chanéac, Franck commence une cure dans la clinique psychiatrique de Crosnes, à une demi-heure en RER de la gare de Lyon. Trois semaines de sevrage qui ne résolvent rien. « Je suis clean dit-il, mais un gars comme moi a aussi besoin d'autres techniques, comme les alcooliques anonymes » Il faut alors employer les grands moyens. C'est encore Carla qui le sauvera. Le 26 décembre, elle l'envoie - à ses frais - au Quebec à la clinique de Jean-Lapointe. Cette cure a été une révélation. Franck a retrouvé la vie. Il passe ses journées sans une goutte d'alcool. « Au boulot dit-il, avec Carla ou seul, je garde la même envie de bien faire. C'est bénéfique. Tout est neuf : mon corps, mon esprit, mon moral. Ça rayonne sur ma vie : ma fiancée, mes copains. J'ai désormais une vision différente de la vie ». Aujourd'hui Franck est en pleine forme. Il appréhende la sortie du livre mais il se veut confiant. Carla lui a donné le feu vert. Ça le rassure. Que serait-il devenu sans elle ? Elle aurait très bien pu l'abandonner depuis son mariage et son nouveau statut. Mais, non. Elle l'a même présenté à Nicolas Sarkozy. Formidable Carla, non ?

 

(1) Aux Editions du Moment qui réalisent avec ce livre un nouveau gros coup après Belle-Amie de Michaël Darmon et Yves Deraï.

 

De : Christian Delprat <c.delprat@jvldir.com>
À : David Genzel <david.genzel@yahoo.fr>
Envoyé le : Lundi, 4 Mai 2009, 7h15mn 04s
Objet : Œdipe au pays des volcans

 

Cher David,

 

Jean Sarkozy avait 3 bonnes raisons de venir passer 2 jours dans le Cantal. D'abord, il n'y a pas de magasin Darty à Saint-Flour, et le foncier ça se négocie sur le terrain, avant même l'étude de marché. Ensuite, Alain Marleix est un expert en découpage électoral (appris sous Pasqua), et les bons coups de ciseaux ça s'apprend chez le coiffeur : peut-être Marleix touchera-t-il une prime du gouvernement pour l'embauche d'un nouvel apprenti ? On le connaît bien Marleix chez moi, on a suivi toute sa carrière et ma mère affiche tous les ans sa carte de vœux dans l'écurie. Mais je m'égare... (de Neussargues). La troisième et vraie raison, c'est que le petit Jean s'est pris d'amour pour les vaches, depuis qu'il sait qu'on a totalement mis a nu le génome bovin dont les 20 000 gènes sont quasiment tous communs avec ceux de l'homme. Et oui, c'est pour ça que Chirac tâtait autant les croupes au Salon de l'agriculture ; c'est donc Nico qui n'a rien compris. Gageons que le fils, fort de cet apprentissage rural, saura emballer définitivement les Neuillois le samedi matin au marché, en leur délivrant des "oh, la vache !", "quelle peau de vache"... qui ne sont plus des insultes, puisqu'elles nous font directement référence. (Pour mémoire « casse-toi pov' con » reste une insulte). Moi je vous le dis : il y aura un Sarkozy candidat en 2012. Et franchement, un troupeau de Salers ou d'Aubrac dans les jardins de l'Elysée, ça aura plus de gueule que le toutou d'Obama ! L'histoire ne dit pas si Jean est reparti avec des tripoux ou du pounti, mais je suis certain qu'il reviendra vite, pour goûter la différence entre Cantal Vieux et un petit bleu d'Auvergne... ou pour l'inauguration du Darty de Saint-Flour.

Christian DELPRAT

 

Message du 03/05/09 à 16h40
De : Karin Muller <karin_cerisy@yahoo.fr>
A : David Genzel <david.genzel@voila.fr>

 

Regardez le panneau...

Hallucinant !!!

 

Tout le procès Jacques Viguier peut se résumer dans cette vitrine du Comptoir de famille, rue Saint-Sulpice.

 

 

Je serai immodeste. Lorsque Francis Szpiner m'expliquait au Flore pourquoi il allait réussir à faire condamner Jacques Viguier, je lui avais pris le pari de l'acquittement. Viguier avait déjà anticipé en prénommant sa fille Clémence.

 

 

Francis Szpiner devrait aller voir les bons films. S'il avait vu à Cannes à l'époque La femme sans tête de Lucrecia Martel, il aurait compris pourquoi un Jacques Viguier ne peut pas être condamné.

 

 

Message du 03/05/09 à 22h05
De : Bruno Abraham-Kremer <brunoabrahamkremer@free.fr>
A : David Genzel <david.genzel@voila.fr>
Copie à : Corine Juresco <corine.juresco@laposte.net>

Objet : La Vie sans vous... ce n'est rien !

 

Chers amis,

Après 15 jours d'exploitation c'est un plaisir de partager avec vous l'accueil enthousiaste de la presse... mais la Vie, sans votre présence, c'est... Rien ! Alors venez, revenez, ou envoyez vos amis... à la Comédie !

A la Vie !
Chaleureusement
Bruno Abraham-Kremer 

 

VISIONNER LA BANDE ANNONCE :

http://www.visioscene.com/spectacle.php?idProduct=2176&page=5&video=1&btns=&archive

 

De : Guy Flattot <gflattot@orange.fr>
À : David Genzel <david.genzel@yahoo.fr>
Envoyé le : Lundi, 1 Juin 2009, 22h32mn 09s
Objet : Guy du Flore

 

Vous avez été parmi les premiers à signaler la qualité de Pur de Lars Norén au Vieux-Colombier. Je vous fais parvenir mon billet à paraître lundi sur le site de Studio-Théâtre - France-Inter. A demain pour un crème et une tartine David, et te voir disséquer la presse. Et une orange pressée pour toi Céline.
Guy

(c) Photo Brigitte Enguerand

 

Etrangère étrangeté

 

Auteur d'une soixantaine de pièces, le dramaturge suédois Lars Norén met en scène à la Comédie Française une de ses dernières créations, Pur. Ce texte rédigé en 2004, et remanié depuis à de nombreuses reprises par l'auteur, s'inscrit dans un ensemble de pièces appelé Terminal.

 

Terminal, mot au sens équivoque, qui caractérise aussi bien l'espace de l'arrivée, que le temps du départ. Cette ambiguïté traverse toute la pièce et provoque le trouble pour le spectateur. Troublé moi-même, qui, de La force de tuer à Kliniken en passant par Automne et hiver, ne m'attendais pas à découvrir un Lars Norén si sobre.

 

Sur la scène, deux couples : l'un déménage, l'autre, d'une vingtaine d'années plus jeune, emménage dans le même lieu. Espace de départ pour le premier, d'arrivée pour le second.

 

On aura vite compris, et Lars Norén n'en fait pas mystère, ces deux couples ne font qu'un à deux âges différents. Mais cette compréhension ne résout en rien l'énigme, le sens et l'étrangeté du propos.

 

S'il est possible d'envisager deux espaces dans un même temps, l'inverse tient de la gageure. C'est pourtant cette contrainte que s'impose et nous impose Lars Norén.

 

Au couple espace et temps se joint le couple naissance et fin, vie et mort. De ces deux couples indissociables Lars Norén tire les fils de son écriture et de sa mise en scène. La scénographie, le jeu précis et habité des comédiens du Français restituent l'étrangeté de l'œuvre.

 

Cette étrangeté, je l'ai ressentie comme l'émanation du frottement de deux corps étrangers. Aussi étranger que l'un l'est pour l'autre, la femme pour l'homme, l'espace pour le temps et la vie pour la mort. C'est l'autre et sa place qu'interroge Lars Norén, cet autre qu'il nous est si difficile de reconnaître.

 

S'il fallait trouver le sens du titre Pur, je pense que c'est vers la métaphore du tamis que j'irais. Comme si l'art de Lars Norén s'était affiné au fil du temps. Son écriture aux mailles de plus en plus fines ne laisse passer et ne restitue que la pureté d'un essentiel. Des cailloux de la colère, aux graviers de la révolte, le sable fin de sa poésie s'infiltre par tous les pores de notre sensibilité.

 

Message du 30/04/09 à 16h36
De : Sylvestre Rossi <sylvestre.rossi@wanadoo.fr>
A : davidgenzel@voila.fr
Objet : Mai

 

Cher David,

Ils me font marrer avec leur mois de mai. Chez nous, en Corse, le mois de mai est considéré comme le mois des ânes. C'est le mois du rut des ânes. En gros, c'est un mois qui ne sert à rien. On remet les choses qui comptent au mois suivant. A chacun ses us et coutumes. Certains cependant bravent cette coutume qu'ils assimilent à de la superstition, en se mariant justement au mois de mai. Quelque fois ça marche. Ce fut le cas de mes grands parents. Mais ils sont rares à oser. A Paris, en ce moment, on ne parle que d'égalité. Si Dieu avait voulu l'égalité, depuis le temps ça se saurait. Il y aura toujours Mozart et Annie Cordy. La liberté va à l'encontre de l'égalité et de l'équité. La liberté c'est la tête qui dépasse, c'est Einstein, c'est Joyce, c'est Freud. La liberté c'est aussi Bernard Arnault et François Pinault. Les Français jouent à se faire peur. Air connu. Il y aura peut-être un peu de casse en ce mois de mai 2009 afin que la populace se défoule, mais pas trop longtemps, pas au point de ne pas partir en vacances cet été.

Bien amicalement

Sylvestre

 

Sybil Canac-Robert, l'auteur de plusieurs guides réputés sur Paris, me photographie avec Victoria Man-Estier.

 

De : Sybil Canac-Robert <sybil.canac-robert@live.fr>
À : David Genzel <david.genzel@gmail.com>
Date : 30 avril 2009 14:39
Objet : photo avec Victoria

 

Bonjour David,
... d'hier au Flore.
Amicalement,
Sybil Canac

 


Message du 30/04/09 à 14h01
De : Michel Bongrand <m.bongrand@wanadoo.fr>
A : David Genzel <davidgenzel@voila.fr>

 

Pour David & Cie

 

 

Dentelle de mai...

 

 

 

 

 

 

 

David & Céline vont dans le même bateau

 

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